photographie NICOLAS GODBOUT

LES CRITÈRES D’ÉVALUATION PATRIMONIALE

(Le présent texte est adapté de l’Inventaire des lieux de culte du Québec, rapport d’activités publié en février 2005.)


1. La valeur historique et symbolique


Puisque la valeur historique et symbolique peut découler de l’un des deux sous-critères (ancienneté et/ou phénomène, événement ou personnage lié), la plus haute des deux appréciations retenues a été reportée dans la valeur historique et symbolique globale.


ANCIENNETÉ


Ce critère correspondait à une périodisation reconnue : l’ère préindustrielle (avant 1850), les débuts de l’utilisation de matériaux en série (vers 1850) et la révolution technologique du béton et de l’acier (vers 1900), soit les débuts d’une architecture monumentale. La cotation a donc été faite en fonction de la hiérarchisation suivante :


    A = avant 1850

    B = de 1850 à 1899

    C = de 1900 à 1944


PHÉNOMÈNE, ÉVÉNEMENT OU PERSONNAGE HISTORIQUE LIÉ


Ce critère laissait place au potentiel historique ou commémoratif du lieu de culte et de son site, et ce, par rapport à un phénomène, à un événement ou à un personnage.


L’appréciation devait alors tenir compte de la hiérarchisation suivante :


    A = d’importance nationale

    B = d’importance régionale

    C = d’importance locale 


2. Valeur d’art et d’architecture | extérieur


Le critère d’art et d’architecture était d’abord attribué en fonction de l’aspect extérieur de l’édifice. L’évaluation reposait notamment sur la place occupée par le bien dans la production courante de son époque. S’agit-il d’un lieu de culte unique en histoire de l’art? Ce lieu de culte se démarque-t-il des autres édifices religieux analysés? Est-il une réalisation pionnière au regard d’un renouveau architectural ou liturgique antérieur à 1945?


Les facteurs comme la renommée de son concepteur et sa contribution à l’architecture religieuse, la qualité de l’édifice au regard de sa conception ou de son style, et les caractéristiques techniques, comme l’usage de certains matériaux, le souci d’un travail particulier de certains éléments ou de l’innovation technique, étaient évalués.


L’appréciation devait tenir compte de la hiérarchisation suivante :


    A = d’intérêt exceptionnel

    B = d’intérêt supérieur

    C = d’intérêt moyen ou faible


INTÉGRITÉ


La plupart des lieux de culte, particulièrement les plus anciens, ont été modifiés d’une manière ou d’une autre. Parfois, ces modifications ne changent pas nécessairement la valeur patrimoniale du bien. Il peut même arriver qu’elles soient à l’origine même de l’intérêt patrimonial du lieu de culte, qui est alors devenu représentatif d’un courant particulier.


Ce critère visait donc à souligner les cas où des modifications moins heureuses ont été apportées à l’extérieur du bâtiment. Le symbole « – » était inscrit si l’extérieur du bâtiment avait subi des modifications jugées négatives et qu’elles en diminuent la valeur patrimoniale.


3. Valeur d’art et d’architecture | intérieur


Le critère d’art et d’architecture était attribué ici en fonction de l’aspect intérieur de l’édifice. L’évaluation reposait toujours sur la place occupée par le bien dans la production courante de son époque. S’agit-il d’un décor intérieur unique en histoire de l’art? Ce décor se démarque-t-il de celui des autres édifices religieux analysés? Est-il une réalisation pionnière au regard d’un renouveau architectural ou liturgique antérieur à 1945? Les autels, la chaire et le décor peint, par exemple, concourent-ils à créer la qualité du décor et de l’ambiance du lieu sacré?


Les facteurs comme la renommée de son concepteur et de sa contribution à l’architecture religieuse, la qualité de l’édifice au regard de sa conception ou de son style, le souci d’un travail particulier d’assemblage des matériaux et de finition participaient à l’intérêt du décor intérieur.


L’appréciation devait tenir compte de la hiérarchisation suivante :


    A = d’intérêt exceptionnel

    B = d’intérêt supérieur

    C = d’intérêt moyen ou faible


INTÉGRITÉ


La plupart des lieux de culte, particulièrement les plus anciens, ont été modifiés d’une manière ou d’une autre. Parfois, ces modifications ne changent pas la valeur patrimoniale du bien; il peut même arriver qu’elles soient à l’origine même de l’intérêt patrimonial du décor intérieur, qui est alors devenu représentatif d’un courant particulier. Ce critère visait donc à souligner les cas où des modifications moins heureuses ont été apportées à l’intérieur d’un bâtiment. Dans les cas où cela s’appliquait, le symbole « – » était inscrit si l’intérieur du bâtiment avait subi des modifications jugées négatives et qu’elles en diminuent la valeur patrimoniale.


4. Critères d’opportunité


L’appropriation par le milieu et l’intérêt de l’environnement sont des facteurs qui peuvent fluctuer dans le temps. C’est pourquoi nous n’avons pas comptabilisés ces éléments dans la valeur patrimoniale finale. Cependant, ce sont des indicateurs importants et il est essentiel de mesurer leur état au moment de l’inventaire.


STATUT EN VERTU DE LA LOI SUR LES BIENS CULTURELS OU D’UNE AUTRE LOI


L’attribution d’un statut en vertu de la Loi sur les biens culturels ou d’une autre loi est un signal clair d’une appropriation par la population locale ou la société québécoise. Le symbole « + » était inscrit si un statut avait été attribué au bâtiment en vertu de la Loi sur les biens culturels ou d’une autre loi.


INTÉRÊT DE L’ENVIRONNEMENT


Les lieux de culte bénéficient généralement d’un environnement construit ou naturel d’intérêt ayant fait l’objet d’un choix judicieux en ce qui concerne le site et l’implantation de l’édifice. Au fil du temps, cependant, des modifications ont pu altérer la qualité de cet environnement. Ce critère visait donc à identifier tant les lieux de culte où des modifications moins heureuses ont été apportées à l’environnement immédiat de l’édifice que ceux qui bénéficient d’un environnement particulièrement exceptionnel.


Lorsque cela s’appliquait, le symbole « – » était inscrit si l’environnement du bâtiment avait subi des modifications jugées négatives et qu’elles en diminuent la valeur patrimoniale, et le symbole « + » si l’environnement du bâtiment constituait un écrin qui le met particulièrement en valeur. Dans le cas où l’environnement ne se démarquait ni positivement ni négativement, rien n’était inscrit sur la fiche d’évaluation patrimoniale.

Hiérarchisation régionale


HIÉRARCHISATION RÉGIONALE


La hiérarchisation régionale des lieux de culte découlait de l’évaluation de trois critères appliqués à chacun des édifices cultuels, soit la valeur historique et symbolique, la valeur d’art et d’architecture de l’extérieur de l’édifice, et la valeur d’art et d’architecture de l’intérieur. À ces critères ont été attribuées des cotes allant de A à C. Les cotes ont par la suite été comptabilisées afin de permettre la hiérarchisation des lieux de culte entre eux.


L’intégrité des édifices et le critère d’opportunité, incluant les statuts juridiques en vigueur et l’environnement, n’étaient pas des éléments comptabilisés dans la hiérarchisation régionale.


La hiérarchisation a été établie selon cinq niveaux, allant d’incontournable à faible, et elle a été déterminée par les combinaisons suivantes des cotes :