photographie NICOLAS GODBOUT

Le présent guide est adapté du document La transformation des bâtiments religieux : outil d’accompagnement, produit par la MRC de Kamouraska et le diocèse de Saint-Anne-de-la-Pocatière en 2013, puis de celui intitulé Nos clochers, notre région : outil d’accompagnement pour la transformation des lieux de culte, présenté par la MRC de Portneuf en 2018.

MISE EN CONTEXTE


Un patrimoine diversifié


Le patrimoine religieux bellechassois se distingue par sa diversité sur le plan architectural et son implantation dans l’îlot paroissial et le paysage rural de nos localités. Des différences marquées dans la construction des bâtiments, dues aux caractéristiques du milieu (matériaux, techniques de bâti, architecte, entrepreneur, époque de construction, morphologie du territoire, vocation religieuse et autres marqueurs identitaires), se sont soldées par un ensemble cohérent et intégré, mais fort diversifié, de bâtiments et de cimetières.


Une valeur symbolique et identitaire


Les églises sont des bâtiments phares de nos villages, des repères géographiques où traditionnellement convergeaient les paroissiens pour se rassembler. Aujourd’hui, encore, les communautés s’identifient à ce patrimoine, et les défis que posent les réaménagements pastoraux interpellent non seulement l’assemblée de fabrique de la paroisse catholique, leur comité de consultation et d’orientation locale (CCOL) et autres acteurs impliqués dans la mission pastorale, mais aussi les élus municipaux et les différents groupes d’intérêt de nos municipalités.


Une nouvelle réalité paroissiale


Sous l’instigation du diocèse catholique de Québec, les trois grandes paroisses présentes sur le territoire de la MRC de Bellechasse ont amorcé un vaste chantier afin de redéfinir les structures pastorales et administratives qui assureront la réalisation de la mission de l’Église catholique sur notre territoire. Des comités de réflexion sont actuellement à l’œuvre, d’autres seront éventuellement formés dans un temps assez rapproché, pour étudier les différents propositions et projets sur l’avenir des églises au sein de nos localités. Au cours des deux ou trois prochaines années, l’exercice du plan directeur immobilier (PDI) devrait être complété.


Un enjeu local et régional


La MRC de Bellechasse assure un service-conseil d’accompagnement dans ce dossier pour promouvoir le maintien d’un usage public et pour favoriser une prise de décision collective quant à l’avenir de ces bâtiments qui représentent un patrimoine régional important. On retrouve 21 églises sur le territoire de la MRC de Bellechasse (20 de confession catholique et une de confession anglicane). De ce nombre, une église est classée, neuf sont citées et trois sont des sites du patrimoine en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, et douze ont une cote patrimoniale A (incontournable), B (exceptionnelle) ou C (supérieure), suivant le système de cotation du Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) — donc éligibles au programme d’aide financière de l’organisation.


En ce qui a trait aux municipalités locales, les églises et l’ensemble de leurs propriétés font partie de la réflexion entourant l’urbanisme, les loisirs et le défi des finances publiques. L’adoption de politiques familiales, de plans d’action pour les aînés, de politiques de loisirs et de politiques de développement durable fait en sorte qu’on se tourne de plus en plus vers l’utilisation de bâtiments existants afin de combler les besoins en matière de locaux pour la communauté. Et l’église offre de nombreuses possibilités. Au-delà des paroissiens et des acteurs impliqués dans la mission pastorale de l’Église, ce sont tous les citoyens qui sont interpellés dans cette réflexion.


La concertation


Plus qu’une fonction ou un moyen d’action, la concertation se vit dans Bellechasse comme une valeur qui guide la réalisation de projets mobilisateurs. Depuis 2008, avec le projet de transformation de l’église Saint-Gabriel de La Durantaye, plusieurs événements de concertation ont été organisés sous l’égide de la MRC de Bellechasse, en collaboration avec les acteurs impliqués dans la mission pastorale de l’Église, les groupes d’intérêt provenant des différents milieux et les citoyens des différentes municipalités locales. À chacune de ces occasions, les élus municipaux, les représentants des fabriques, les organisations culturelles, divers acteurs supralocaux ainsi que les citoyens se sont mobilisés pour réfléchir à des pistes de solution en regard de la sauvegarde du patrimoine religieux.



AVANT DE COMMENCER


Les étapes préalables


La démarche ici proposée suppose la réalisation de certaines étapes préalablement réalisées à l’échelle de la paroisse par la fabrique en lien au plan local avec le CCOL. La fabrique avec l’équipe pastorale aura tout d’abord mené une réflexion quant à ses besoins au regard de sa mission pastorale. Comme expliqué dans la mise en contexte, la réorganisation paroissiale implique un questionnement quant aux ressources disponibles, humaines et matérielles, pour le déploiement de l’offre de services pastoral (état de la situation pastorale et état de la situation financière).


La fabrique de la paroisse est aussi appelé à se donner, à plus ou moins brève échéance, un PDI, comme recommandé par le diocèse. Le processus qui conduit à l’adoption du PDI aide la fabrique de la paroisse à déterminer les priorités d’usage et d’investissement en lien avec la mission de l’Église catholique.


La fabrique de la paroisse est propriétaire de ses bâtiments religieux, et il lui revient d’entreprendre ou non un tel projet. Toutefois, elle doit être à l’écoute de sa communauté et se montrer ouvert aux occasions qui pourraient se présenter. Maintenir un usage public ou communautaire à ces lieux constitue une orientation privilégiée par la fabrique de la paroisse et les différents partenaires institutionnels de Bellechasse. Il convient donc d’accorder une attention particulière à la population, par exemple, avec la collaboration de la municipalité concernée. Toute proposition mérite d’être examinée attentivement, dans le souci du bien collectif et de la qualité de vie des citoyens.


Le carnet de santé


Si le carnet de santé de l’église n’a pas été fait, il est suggéré que le CCOL le réalise afin de bien connaître l’état du bâtiment. Cet outil peut être utile dans une démarche de PDI. S’il s’agit d’une église au programme du CPRQ et qu’une aide financière est demandée pour des travaux jugés admissibles, le coût du carnet de santé peut être inclus dans la demande. Les autres églises peuvent demander une aide financière au Fonds d’assistance aux assemblées de fabriques en s’adressant au diocèse. Il faut prévoir un coût moyen de 5000 $ pour la réalisation du carnet de santé par un architecte spécialisé. Le carnet de santé doit être mis à jour tous les trois à cinq ans; une mise à jour réalisée par le même architecte occasionnera de moindres coûts. Le carnet de santé est obligatoire dans le cas des églises éligibles au programme du CPRQ. Une fois le carnet de santé réalisé, le CCOL a un portrait juste de l’état physique du bâtiment, des travaux à envisager et des coûts à prévoir.

Nicolas Godbout

chargé de projet en patrimoine religieux


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