photographie NICOLAS GODBOUT

4. LA PLANIFICATION DU PROJET

Après avoir analysé les besoins du milieu et consulté la population, le comité aura en main les éléments nécessaires pour analyser les scénarios d’utilisation ou de transformation de l’église. Ces scénarios devront tenir compte des possibilités qu’offre l’église. Pour qu’un projet de transformation soit réussi, il faut qu’il soit compatible avec l’architecture de l’église et qu’il mette en valeur ses caractéristiques architecturales (voûte, fenêtres, etc.). Les projets de changement d’usage doivent tenir compte des qualités patrimoniales des bâtiments. On doit miser sur les atouts de ces bâtiments et sur leur valeur ajoutée. Le comité pourra évaluer les qualités patrimoniales qu’il désire conserver relativement aux aménagements intérieurs, au décor, au mobilier et aux œuvres d’art. Il y aura lieu d’établir un consensus sur les éléments essentiels à préserver, ceux qui peuvent être modifiés et ceux qui pourraient disparaître.


Si l’église est citée ou classée, il faudra vérifier auprès de la municipalité ou du Ministère de la Culture et des Communications (MCC) quels sont les critères de protection à respecter. Les raisons du classement déterminent ce qui sera permis ou non comme intervention.


Afin de s’inspirer et d’avoir une idée des possibilités de transformation de l’église, le comité peut consulter les documents produits par le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) sous le titre Des églises réinventées. Ces exemples de transformations exemplaires illustrent bien une variété de projets qui mettent en valeur l’architecture des églises.


Chaque projet est unique, mais le comité aura avantage à visiter quelques églises transformées pour s’inspirer. Il pourra profiter des expériences vécues ailleurs, tant pour leurs bons coups que pour les erreurs à éviter. Lors de ces visites, il est important de noter par écrit les informations pertinentes.


Comme le soulignait le CPRQ dans l’un de ses bulletins (vol. 13, no 3), les églises représentent des bâtiments potentiellement polyvalents dans leur utilisation avec les espaces connexes (sacristie, sous-sol, jubé, etc.). Qui plus est, le CPRQ souligne que le choix de plusieurs usages combinés assurerait une meilleure viabilité et donc une plus grande pérennité aux projets de transformation.


À cette étape du projet, il importe de vérifier la réglementation municipale en vigueur pour le secteur visé par l’intervention. Le plan d’urbanisme prévoit peut-être des dispositions particulières en vertu d’un plan d’intervention et d’intégration architecturale (PIIA) ou d’un plan d’aménagement d’ensemble (PAE), par exemple. Autre document fort important, le règlement de zonage de la municipalité conditionne les usages permis dans la zone visée.


Une fois que le comité s’est arrêté sur un projet qui semble correspondre aux caractéristiques de l’église et aux besoins du milieu, il faut voir si les besoins exprimés peuvent se réaliser dans l’église. C’est à ce moment qu’il faudra réaliser une esquisse préliminaire. Le comité pourra demander une soumission à quelques architectes sur invitation. Une fois les soumissions reçues, le comité pourra faire une grille basée sur certains critères, tels les expériences de transformation de l’architecte, la vision du projet, les honoraires, l’échéancier et les notes personnelles. Cela pourra l’aider à analyser les soumissions reçues et à choisir son architecte.


La mise aux normes des bâtiments patrimoniaux est un défi, car cela peut augmenter les coûts de façon surprenante. Le comité cherchera des architectes créatifs et désireux de chercher des façons innovatrices de répondre à la mise aux normes à des coûts raisonnables. Le comité pourra s’informer auprès des architectes des travaux qui peuvent être faits par corvée en toute légalité (par exemple, enlever les bancs), de façon à réduire les coûts.


Les programmes de subvention offerts peuvent influencer grandement la réalisation des projets, c’est pourquoi il faut s’en informer rapidement et prendre connaissance de leurs particularités (travaux et clientèles admissibles). Selon qu’il s’agit d’une fabrique, d’un organisme sans but lucratif (OSBL) ou d’une municipalité, il est important de savoir que les sources de subvention et la proportion subventionnée seront différentes. Par ailleurs, concernant l’aide financière du CPRQ, il est nécessaire de préciser que le critère de culte a été aboli en 2014, ce qui a pour effet de rendre admissibles les bâtiments à caractère religieux appartenant à des municipalités, à des OSBL, et même à des entités privées.


De façon générale, on constate que les programmes du CPRQ viseront les travaux de restauration alors que les programmes du MCC concernent les projets de création d’équipements culturels (à certaines conditions). 

1. S’inspirer et tenir compte des caractéristiques architecturales de l’église (documents et visites) ;

2. Vérifier la réglementation municipale ;

3. Préparer une esquisse préliminaire ;

4. Prendre connaissance des programmes de subvention offerts.